|
|
 |  | |
|
T'es pas né dans la rue T'es pas né dans l' ruisseau T'es pas un enfant perdu Pas un enfant d' salaud, Vu qu' t'es né dans ma tête Et qu' tu vis dans ma peau J'ai construit ta planète Au fond de mon cerveau.Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, Mon copain tu m' tiens chaud. Pierrot. Depuis l' temps que j' te rêve, Depuis l' temps que j' t'invente, De pas te voir j'en crève Et j' te sens dans mon ventre. Le jour où tu ramène, J'arrête de boire : promis, Au moins toute une semaine, Ce s'ra dur, mais tant pis. Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, Mon copain tu m' tiens chaud. Pierrot. Qu' tu sois fils de princesse, Ou qu' tu sois fils de rien, Tu s'ras fils de tendresse, Tu s'ras pas pas orphelin. Mais j' connais pas ta mère : Je la cherche en vain. Je connais qu' la misère D'être tout seul sur le ch'min. Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, Mon copain tu m' tiens chaud. Pierrot. Dans un coin de ma tête Y a déjà ton trousseau : Un jean, une mobylette Une paire de Santiago. T'iras pas à l'école, J' t'apprendrai les gros mots. On jouera au football, On ira au bistrot. Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, Mon copain tu m' tiens chaud. Pierrot. Tu t' lav'ras pas les pognes Avant d' venir à table. Et tu m' trait'ras d'ivrogne Quand j' piquerai ton cartable. J' t'apprendrai des chansons Tu les trouveras débiles. T'auras p't' être bien raison Mais j' s'rai vexé quand même. Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, Mon copain tu m' tiens chaud. Pierrot. Allez viens mon Pierrot, Tu s'ras l' chef de ma bande. J' te r'filerai mon couteau, J' t'apprendrai la truande. Allez viens mon copain, J' t'ai trouvé une maman : Tous les trois ça s'ra bien Allez viens, je t'attends. Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, Mon copain tu m' tiens chaud. Pierrot.
|
|
| |
|
T'as vu Lolita, Ta pote Marylou, Qu'a un an de moins qu'toi, Qu'j'ai connue bout de chou, T'as vu comme elle a changé tout d'un coup ? Eh ben, ma doudou, Elle a vu le loup.J'vais pas lui r'procher, Eh, c'est pas un crime, A peine un pêché, Et des plus minimes. D'après sa copine, Qui l'a balancée, C'est à la mi-août Qu'elle a vu le loup. C'est plus pour la frime Que pour le frisson Qu'un soir de déprime Un gentil couillon A eu le grand bonheur De gagner l'pompon, De cueillir sa fleur Avant la saison. Hormis la jouissance D'emmerder ses vieux, Y avait pas urgence, Y avait pas le feu, D'autant qu'la romance A duré bien peu. Elle a vu le loup Deux minutes en tout. Pour la performance, Et puis pour l'extase, La pauvre est, malchance, Tombée sur un naze, Vilain comme un pou, Maladroit comme tout. Elle a vu le loup, Il vaut pas un clou. Elle a vu le loup, Tant mieux ou tant pis, C'était pas un bon coup, Ni un bon parti. J'lui jette pas la pierre, J'crée pas une émeute. Y paraît qu'sa mère A vu toute la meute. Quant à toi, ma douce, Ma jolie pucelle, Suce encore ton pouce, Joue à la marelle. C'qu'a fait Marylou, Eh ben, tu t'en fous. Elle a vu le loup, C'était un voyou ! Mais j'espère, ma douce, Que quand viendra l'heure De prendre cette Bastille Sous ta robe à fleurs, Le loup aura l'heur De te plaire autant Pour son joli cœur Que pour ses talents. S'il est, ce beau jour, Doux comme un agneau, Donne lui ton amour En paquet-cadeau, En plus du diamant Que tu gardes encore, Mais combien de temps ? Au creux de ton corps.
|
|
|
| Etudiant - poil aux dents |
|
Boutonneux et militants Pour une société meilleure Dont y s'raient les dirigeants Où y pourraient faire leur beurre Voici l'flot des étudiants Propres sur eux et non-violents Qui s'en vont grossir les rangs Des bureaucrates et des marchands Etudiant poil au dents J'suis pas d'ton clan pas d'ta race Mais j'sais qu'le coup d'pieds au cul Que j'file au bourgeois qui passe Y vient d'l'école de la rue Et y salit ma godasseMaman quand j's'rais grand J'voudrais pas être étudiant Alors tu seras un mois que rien Ah oui ça j'veux bien Etudiant en architecture Dans ton carton à dessin Y a l'angoisse de notr'futur Y a la société d'demain Fais-les nous voir tes projets Et la couleur de ton béton Tes H.L.M. sophistiqués On n'en veut pas nous nos maisons On s'les construira nous même Sur les ruines de tes illusions Et puis on r'prendra en main Quoi donc ? L'habitat urbain Je sais ça t'fait pas marrer J'pouvais pas m'en empêcher Maman quand j's'rais grand J'voudrais pas être étudiant Ben alors qu'est-ce que tu veux faire ? Je sais pas moi gangster Etudiants en médecine Tu vas marner pendant sept ans Pour être marchand d'péniciline Tes saloperies d'médicaments Aux bourgeois tu r'fileras Des cancers à tour de bras Et aux prolos des ulcères Parc'que c'est un peu moins cher Et l'tiers-monde qu'a besoin d'toi Là c'est sur que t'iras pas Malgré tous ceux qui vont crever T'oublieras que j'ai chanté La médecine est une putain Son maquereau c'est l'pharmacien Maman quand j's'rais grand J'voudrais pas être étudiant Ben alors qu'est-ce que tu veux être ? Je sais pas moi poète Etudiant en droit Y a plus d'fachos dans ton bastion Que dans un régiment d'paras Ça veut tout dire eh ducon ! Demain c'est toi qui viendras Dans ta robe ensanglantée Pour faire appliquer les lois Que jamais on a voté Ta justice on en veut pas Pi si tu finis notaire P't'être qu'on débarqu'ra chez toi Pour tirer les choses au clair Et tant pi s'il est pas là Maman quand j's'rais grand J'voudrais pas être étudiant Ben alors qu'est-ce que tu veux faire ? Je sais pas moi infirmière Etudiant en que dalle Tu glandes dans les facultés T'as jamais lu l'Capital Mais y a longtemps qu't'as pigé Qu'y faut jamais travailler Et jamais marcher au pas Qu'leur culture nous fait gerber Qu'on veut pas finir loufiats Au service de cet Etats De cette société ruinée Qu'des étudiants respectables Espèrent un jour diriger En trapinant dans leurs cartables La conneries de leurs aînés Maman quand j's'rais grand J'voudrais pas être étudiant Alors tu s'ras un moins que rien Ah oui ça j'veux bien
|
|
| |
|
Femme du monde ou bien putain Qui bien souvent êtes les mêmes Femme normale, star ou boudin, Femelles en tout genre je vous aime Même à la dernière des connes, Je veux dédier ces quelques vers Issus de mon dégoût des hommes Et de leur morale guerrière Car aucune femme sur la planète N' s'ra jamais plus con que son frère Ni plus fière, ni plus malhonnête A part peut-être Madame ThatcherFemme je t'aime parce que Lorsque le sport devient la guerre Y a pas de gonzesse ou si peu Dans les hordes de supporters Ces fanatiques, fous-furieux Abreuvés de haines et de bières Déifiant les crétins en bleu, Insultant les salauds en vert Y a pas de gonzesse hooligan, Imbécile et meurtrière Y'en a pas même en grande Bretagne A part bien sûr Madame Thatcher Femme je t'aime parce que Une bagnole entre les pognes Tu n' deviens pas aussi con que Ces pauvres tarés qui se cognent Pour un phare un peu amoché Ou pour un doigt tendu bien haut Y'en a qui vont jusqu'à flinguer Pour sauver leur autoradio Le bras d'honneur de ces cons-là Aucune femme n'est assez vulgaire Pour l'employer à tour de bras A part peut être Madame Thatcher Femme je t'aime parce que Tu vas pas mourir à la guerre Parc' que la vue d'une arme à feu Fait pas frissonner tes ovaires Parc' que dans les rangs des chasseurs Qui dégomment la tourterelle Et occasionnellement les Beurs, J'ai jamais vu une femelle Pas une femme n'est assez minable Pour astiquer un revolver Et se sentir invulnérable A part bien sûr Madame Thatcher C'est pas d'un cerveau féminin Qu'est sortie la bombe atomique Et pas une femme n'a sur les mains Le sang des indiens d'Amérique Palestiniens et arméniens Témoignent du fond de leurs tombeaux Qu'un génocide c'est masculin Comme un SS, un torero Dans cette putain d'humanité Les assassins sont tous des frères Pas une femme pour rivaliser A part peut être Madame Thatcher Femme je t'aime surtout enfin Pour ta faiblesse et pour tes yeux Quand la force de l'homme ne tient Que dans son flingue ou dans sa queue Et quand viendra l'heure dernière, L'enfer s'ra peuplé de crétins Jouant au foot ou à la guerre, A celui qui pisse le plus loin Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la Terre Et comme réverbère quotidien Je m'offrirai Madame Thatcher
|
| |
|